Accompagnement

Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 06:38

Le Président et le Ministre,

LE PRESIDENT
Entrez-donc mon ami et venez prendre place
Afin de me conter ce qui vous embarrasse
La réforme est lancée, elle avance à grands pas
Mais je vois bien qu’à tous celle-ci ne plait pas.
Aussi voudrais-je entendre de votre propre bouche
Pourquoi les enseignants prennent ainsi la mouche.
LE MINISTRE
Mon bienfaiteur et Prince ne vous alarmez point
Voyez comme en ces temps je sais rester serein.
J’ai fait ce qu’il fallait et fait preuve d’audace
LE PRESIDENT
Allez contez-moi donc je ne tiens plus en place !
LE MINISTRE
J’ai d’abord pour vous plaire modifié les programmes
Pour faire des élèves des besogneux sans âme.
Ils se feront gaver du matin jusqu'au soir
Et n’auront plus de sens à donner au savoir
Voilà qui nous fera des citoyens dociles
Qui ne s’attacheront qu’à des choses futiles.

LE PRESIDENT
Fort bien, les programmes sont un bel artifice
Pour manœuvrer les gens non sans quelque malice.
Voyez ce que je fis pour prendre le pouvoir
Promettant des réformes, n’en disant que très peu,
Pour qu’une fois reçu l’aval des isoloirs
Je puisse me sentir libre et faire ce que je veux !
Mais veuillez donc poursuivre votre plan de disgrâce
Car je veux tout savoir !
LE MINISTRE
Voilà ce qui se passe :
Je commence par rayer en trois ans les RASED
Et pour tromper les gens sur le maintien de l’aide
Je laisse aux enseignants l’entière liberté
De s’occuper tous seuls de la difficulté.
Ils auront pour cela comme unique bagage
La chance de pouvoir faire quelques journées de stage !
J’ai enlevé deux heures d’école par semaine
Mais évidemment pas pour ceux qui mal apprennent :
On dit la journée de trop longue durée
Qu’il faudrait réformer notre calendrier
Et moi je vous dis qu’il en faut d’avantage
Et qu’il faut les forcer même jusqu’au gavage !
LE PRESIDENT
C’est à n’en point douter une idée fort plaisante,
Le mérite sera la seule valeur payante !
LE MINISTRE
Pour ceux qui veulent apprendre de maître le métier
Je les envoie le faire à l’université.
Voyez l’inanité d’une bonne formation
Nous qui n’avons besoin que d’agents et de pions !
Cela vous plait-il ?
LE PRESIDENT
Assurément je pense,
Mon humeur est ravie et elle est d’importance
Car c’est elle qui règle le cours de mes pensées
Qui font toujours écho à l’actualité.
Mon caprice me met dans des emportements,
J’ai des mots qui ne sont plus ceux d’un Président,
Je flatte ce qu’il faut des instincts les plus bas,
Parle plus en mon nom qu’en tant que chef d’état,
Sur toutes mes idées je veux qu’on légifère
Et ne supporte pas qu’on m’empêche de le faire.
Des médias je me sers et grâce à mon emprise
Ils me suivent au mieux dans toutes mes entreprises,
Enfin, si j’utilise les services de la presse
C’est parce qu’aux yeux de tous il faut que je paraisse.
Mais contez-moi encore votre train de mesures.
LE MINISTRE
De l’école en danger j’augmente la fêlure :
Il existe des classes que l’Europe nous envie
Accueillant les plus jeunes des enfants du pays.
Il serait opportun de les faire disparaître
Pour affecter ailleurs ce réservoir de maîtres
Qui ne font de leur temps que des couches changer
Et ne connaissent point les joies de la dictée.
Des enseignants en moins réduiraient nos dépenses
Et il n’y aurait plus de maternelles en France !
Afin de remplacer les absences des maîtres
Avec tous ceux qui veulent, une agence va naître.
Si celui qui remplace se trouve être plombier,
La chaudière de l’école il pourra réparer,
S’il est mécanicien et conna
ît son affaire
Les voitures des collègues il pourra bien refaire,
Et si par de la chance il se trouve enseignant
Il pourra pendre en charge d’une classe les enfants !
LE PRESIDENT
Je reconnais bien là votre astuce admirable
Et votre esprit retors qui ne se sent coupable !
Cette école qui veut faire des citoyens
Il faut qu’à l’avenir elle n’en fasse rien !
Œuvrez donc mon ami, la tâche n’est pas mince
Car c’est l’éducation qui menace les Princes !!!!

 

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Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 11:31

Les étrangers qui sont en nous. S. Portelli.

L’étranger est une chance.

 

Il est le meilleur moyen de nous découvrir à nous-mêmes par ces différences qui sont le ferment nécessaire du progrès et de la paix.

L’hospitalité est l’une des premières manifestations de l’humanité, la base de toutes les civilisations. L’asile est un devoir sacré. La fraternité est inscrite au fronton de tous nos bâtiments publics. Elle est la devise de notre nation.

Le monde ne pourra pas survivre sans une solidarité croissante avec les plus pauvres, infiniment plus forte que les miettes chichement distribuées aujourd’hui.

Toutes ces valeurs doivent être le fondement de notre politique d’immigration.

On peut y ajouter des arguments économiques ou démographiques, comme le fait Jacques Barrot, actuel vice-président de la Commission européenne, qui prévient que l’Europe ne pourra pas survivre sans un apport massif d’immigrés à l’horizon du milieu de ce siècle. Ou comme on le lit dans le rapport Attali: l’immigration est une source de création de richesse et de développement.

Cette justification-là n’est rien, face aux impératifs de la morale et de la démocratie.

Mais comme tant d’autres, je n’en peux plus de ce climat permanent d’exclusion, d’enfermement, d’expulsion, de cette xénophobie organisée, administrative, institutionnelle, qui agresse en permanence la culture de liberté et de fraternité dans laquelle j’ai appris à grandir et qui faisait que j’étais fier de mon pays.

*J’en ai assez de ces centres de rétention qui fleurissent partout en France et en Europe.

*J’en ai assez de cette simili-justice à qui l’on demande de cautionner des reconduites à la frontière ignobles.

*J’en ai assez

  • de cette complicité des parquets qui autorise des arrestations massives dans les quartiers d’immigration.
  • De ce climat de délation qui s’installe ouvertement en France comme aux pires années.
  • De cette suspicion, de cette surveillance qu’on commence à organiser autour de tous ceux qui honorent notre pays en défendant les sans-papiers.
  • De ce ministère de l’identité nationale qui me fait monter la honte au front chaque matin.
  • De cette politique européenne qui veut faire de l’étranger en situation irrégulière un délinquant qu’on enfermera jusqu’à dix-mois pour avoir osé tenter de survivre.

*J’en ai assez de cet égoïsme monstrueux qu’on veut faire passer pour une politique raisonnée et raisonnable.
« Mais vous ne les connaissez pas, vous ne vivez pas avec eux, vous ne les supportez pas », disent-ils.

Si, précisément, je suis envahi par eux, et j’en suis fier. Je les porte en moi. Il y a dans mon sang de l’italien, de l’espagnol, du corse, du maltais, de l’allemand, du suisse, de l’alsacien et bien d’autres sûrement encore que je ne connais pas.

Il y a dans mon cœur des juifs, des musulmans, des protestants, des catholiques, des athées... Je suis né en Algérie, et en moi, chaque jour vivent ces peuples arabes, européens, juifs, kabyles, qui se déchiraient sous mes yeux dans mon enfance: leurs chants, leurs langues, leurs traditions, leurs littératures... se mélangent, se bousculent en moi et m’habitent en permanence.

Je ne suis évidemment pas le seul.

Tout un peuple d’étrangers en situation plus ou moins irrégulière vit en chacun de nous.

Combattre le racisme, la xénophobie et toutes les formes de discrimination ne suffit plus.

 Il faut porter haut et fort les valeurs qui sont attaquées de toutes parts aujourd’hui.

Il ne s’agit plus de les défendre mais de les proclamer.

D’en faire le point de départ de nos discours et de nos actes, mais surtout le point d’arrivée.

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Mardi 31 mars 2009 2 31 /03 /Mars /2009 10:43

 - Allez, un petit geste, quoi. Il suffit de recharger le portable d’un sans-papier ou de lui offrir un bol de soupe… Vous devenez ainsi un “aidant”, passible de 5 ans de prison et 30 000 € d’amende. Une dizaine d’associations, dont Emmaüs, relayant le message du film “Welcome”, lancent un appel à toutes les bonnes volontés. Et faut se bouger : le ministère de l’Immigration compte sur 5 500 arrestations cette année.

 « Si la solidarité est un délit, nous demandons à être poursuivis pour ce délit ! » Exaspéré par les opérations policières et les gardes à vue de bénévoles aidant les sans-papiers, Emmaüs France, le mouvement créé par l’abbé Pierre, lance avec une dizaine d’autres organisations (RESF, le Secours catholique, la Cimade, le Gisti, etc.), une action nationale de désobéissance civile.

Le 8 avril prochain, devant les Palais de justice de toutes les grandes villes de France, les signataires de cet appel promettent de réunir 5 500 personnes ayant, un jour, aidé un homme ou une femme sans papiers. Ces affreux délinquants se constitueront prisonniers volontaires !
Pourquoi 5 500 ? Parce que c’est le chiffre officiel d’interpellations
« d’aidants » – selon la terminologie officielle – fixé comme objectif au ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Vous avez du mal à croire que la loi de finances 2009 s’escrime à chiffrer le nombre d’interpellations de personnes ayant rechargé des portables de sans-papiers ou leur ayant donné un bol de soupe ? Reportez vous à l’annexe du projet de loi de finances 2009 – section « projets annuels de performances » (sic) – et vous trouverez les statistiques et prévisions du ministère de l’intérieur (voir document en annexe, p. 35) : 4 365 interpellations d’« aidants » réalisées en 2006… 4 504 en 2007… la « cible » pour 2011 étant fixée à plus de 5 500 !

En vertu de l'article 622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers, on sait en effet que
« toute personne ayant facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d'un étranger en France », ( les fameux « aidants », en question) risque cinq ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende. Depuis la sortie de Welcome, le film de Philippe Lioret qui a rouvert le débat sur ce « délit de solidarité », le nouveau ministre de l’immigration, Eric Besson, ne cesse de répéter que la police « traque les passeurs, pas les migrants ou ceux qui les aident ». Mais alors, pourquoi cet objectif officiel de 5 500 interpellations d’« aidants » ?

En juin 2003, dans une lettre aux associations de défense des étrangers, le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, écrivait qu’il n’avait
« nullement l’intention de poursuivre celui de nos compatriotes qui tend la main à la personne en situation de détresse, quelle que soit sa situation au regard de la législation sur le séjour ». Chiche ?


La semaine dernière, après avoir vu le film de Philippe Lioret à l'Assemblée nationale, les députés socialistes ont déposé un texte pour supprimer ce « délit de solidarité ». Tout le monde voit bien que cette disposition de loi, prévue effectivement, à l’origine, pour sanctionner les passeurs et les réseaux organisés, est aujourd’hui appliquée de façon ubuesque.

Juridiquement, il suffirait d’ailleurs d’appliquer la directive européenne (CE n° 2002/90 du 28 novembre 2002) sur laquelle est appuyée la loi française. Le texte européen laisse en effet aux Etats la possibilité de ne pas sanctionner les proches d’un sans-papiers lorsque leur action a « pour but d'apporter une aide humanitaire à la personne concernée ».

« La liste est déjà longue des militants associatifs ou des citoyens ordinaires poursuivis pour avoir manifesté leur solidarité à l’égard de migrants privés du droit de séjour », conclut l’appel initié par Emmaüs France (dont l’ancien président, Martin Hirsch, est au gouvernement…) : « Demain, votre médecin sera-t-il interpellé pour avoir soigné un sans-papiers malade ? Ou l’instituteur de vos enfants inquiété pour avoir appris à lire à un enfant dont les parents sont en situation irrégulière ? »  Thierry Leclère


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Vendredi 27 mars 2009 5 27 /03 /Mars /2009 18:14

La Garde des Sceaux vient d’annoncer son projet de réforme de l’Ordonnance de 1945, texte fondateur de la justice des mineurs en France. Depuis deux ans, l’Unicef France se mobilise pour exiger le respect d’une justice spécifique et adaptée aux enfants, dans le respect de la Convention internationale des droits de l’enfant.


Après avoir réalisé une série d’entretiens d’experts et de personnalités, l’Unicef France alerte le grand public des risques de dérives vers une tendance plus répressive de la justice des mineurs :

« Pour l’Unicef, quel que soit son crime, un enfant ne doit jamais être traité comme un adulte. Un enfant délinquant c’est d’abord un enfant en danger. La justice se doit de le protéger
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Mardi 10 mars 2009 2 10 /03 /Mars /2009 16:44


Voir le blog de François Matton : http://francois-matton.over-blog.com/15-index.html

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