Jeudi 26 février 2009
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TRIBUNE (Merci Anne-Marie)
Sarkozy et le bébé de Rachida, les révélations de
Johnny et Val
Par Mouloud Akkouche | Ecrivain | 17/02/2009 | 14H26
Pourquoi avoir cliqué sur cet article? Sans doute parce que l’un des mots inscrits
dans le titre vous a attiré. Si ça peut vous rassurer, je fais souvent comme vous. Et beaucoup d’autres internautes fonctionnent à l’identique. Personne n’est imperméable au flux et reflux
incessant de certaines informations. Et, même le lecteur le plus averti, peut céder au voyeurisme.
Cette pratique me pose néanmoins question. Ne risque-t-elle pas à terme de nuire à
notre information? Ici, il ne s’agit pas de critiquer tel ou tel journal en ligne mais pour une fois chaque lecteur. Cette interrogation peut d’ailleurs, d’une certaine manière, s’élargir à la
lecture en général des journaux papier et des livres. Internet n'a pas le monopole des Unes racoleuses. Et concernant la littérature, des polémiques renaissent chaque année autour du trucage des
prix, des journalistes véreux et des livres "nuls" vendus à grands renforts de publicité. Mais jamais personne ne remet en cause le lecteur – toujours caressé dans le sens de la page en espérant
qu’il dégaine "bien" la carte bleue. Alors qu’au lendemain du 21 avril 2002, nombreux commentateurs et anonymes dénonçaient à juste titre la responsabilité de l’électeur.
Et même si les enjeux ne sont pas les mêmes, le lecteur comme l’électeur a aussi une
responsabilité dans ses choix. Lire n’est pas un acte passif. Qu’il s’agisse d’un article de presse, un essai, un roman, un blog, une bande dessinée… Ou un bulletin de vote.
Ces quelques mots qui ont donc poussé votre index à cliquer n’ont au fond que le
pouvoir que nous leur prêtons. Pas plus. Personne ne nous oblige à les rendre plus importants que le reste. Comment donc échapper au moins de temps en temps à ces sirènes d’encre et pixels?
Peut-être se plonger dans un recueil de poèmes de René Char, lire un papier sur la macroéconomie, surfer sur un blog
ignoré de tous, "humeur noirte".
A vrai dire: qui aurait lu cette tribune si
elle avait été titrée René Char, macroéconomie, humeur noire? Sans doute moins d’internautes. Mais l’espoir fait lire...